love reign o'er me
Disque 1
I Am the Sea – 2:08
The Real Me – 3:20
Quadrophenia – 6:15
Cut My Hair – 3:46
The Punk and the Godfather – 5:10
I'm One – 2:39
The Dirty Jobs – 4:30
Helpless Dancer – 2:32
Is It in My Head? – 3:46
I've Had Enough – 6:14
Disque 2
5:15 – 5:00
Sea and Sand – 5:01
Drowned – 5:28
Bell Boy – 4:56
Doctor Jimmy – 8:42
The Rock – 6:37
Love, Reign o'er Me – 5:48
Quadrophenia est un album du groupe britannique The Who, sorti en 1973. C'est le second des opéras rock du groupe, après Tommy, sorti quatre ans plus tôt (1969). Entièrement composé par Pete Townshend, Quadrophenia a été produit par les Who avec l'aide de Kit Lambert et de Glyn Johns. Il se classe 2e au Royaume-Uni (la première place était occupée par Pin Ups de David Bowie) et aux États-Unis (où le #1 était Goodbye Yellow Brick Road d'Elton John). Toutefois, "Quadrophenia" ne marque pas autant les esprits que Tommy.
Ce double album raconte l'histoire d'une jeune mod nommé Jimmy. Tout au long de l'album, Jimmy parle de ses problèmes avec sa famille, ses amis et surtout de la difficulté à se trouver soi-même. L'action se déroule dans les années 1960, lors des émeutes entre bandes rivales (mods contre rockers).
L'album est marqué par une grande utilisation des synthétiseurs et une utilisation très importante des cuivres joués par John Entwistle, habituellement bassiste.
Un film, Quadrophenia, tiré de cet album et réalisé par Franc Roddam sort en 1979.
L'album a été présent dans les charts britanniques durant quarante semaines et est devenu disque d'or le 29 octobre 1973. Il atteint la 2e place en novembre 1973 tandis que le single 5:15 monte à la 20e place en octobre de la même année.
Genèse et enregistrement
L'idée de Quadrophenia est venue aux alentours de mai 1972, lors des sessions entreprises par les Who pour créer le successeur de Who's Next. Pete Townshend voulait créer un mini-opéra appelé Rock Is Dead-Long Live Rock, qui aurait pour but d'incarner les quatre personnalités du groupe (à noter que la chanson Long Live Rock provient de ce projet disparu). Mais Townshend changea de direction, pour définir une histoire avec un personnage principal se rapprochant de celui de Tommy, mais qui personnaliserait également les quatre membres du groupe.
On peut également interpréter Quadrophenia comme une réponse à l'échec cuisant du Projet Lifehouse. Au lieu de créer un scénario qui ne serait jamais réalisé, Townshend a voulu faire une bande originale qui ne serait jamais associée à un film (ce qui, en fait, ne fut pas le cas, voir cet article).
Townshend a énormément composé pour cet album. Daltrey a dit que les quatre-vingt minutes de l'album provenaient d'environ quinze heures de musique. Le guitariste parle de cinquante chansons. L'album a été entièrement composé par lui; John Entwistle se concentra sur les arrangements.
L'album a été enregistré aux studios "Thessally Road" à Battersea. Le mixage a eu lieu aux studios "Eel Pie", chez Pete Townshend. Dès le départ, Townshend tenta d'utiliser la quadriphonie d'un point de vue créatif. Mais le mixage fut très douloureux; les membres du groupe, surtout Roger Daltrey exprimèrent leur mécontentement à propos du résultat final. Cette querelle persista jusqu'à la remasterisation de 1996.
Histoire
Le récit couvre deux jours de la vie d'un dénommé Jimmy, un membre du courant mod dans l'Angleterre du milieu des années 1960. This story is set on a rock! (« Cette histoire se passe sur un rocher ! ») annonce le compositeur et guitariste Pete Townshend lors d'un concert, indiquant que l'opéra dépeint Jimmy en train de revoir les événements de la veille et de l'avant-veille qui l'ont mené à la situation morose dans laquelle il se retrouve à la fin de l'histoire. Le récit est difficile à déterminer à partir des seules paroles, mais devient plus clair grâce à une courte histoire, écrite également par Townshend et présente dans le livret de l'album, qui est racontée du point de vue de Jimmy à la première personne. [1]
La première moitié de l'opéra se compose de chansons qui font allusion aux frustrations et au sentiment d'insécurité qui dominent la vie de Jimmy : sa vie familiale, son travail, son psychothérapeute, et ses tentatives infructueuses de se créer une vie sociale (The Real Me). Au milieu de l'opéra (I've Had Enough), il est chassé de chez lui lorsque ses parents trouvent sa boîte de blues — des pilules bleues de drogue, peut-être des amphétamines (Cut My Hair). Perdu et n'ayant rien de mieux à faire, il prend une grosse dose de blues et monte dans le train de 5:15 à destination de la côte. À Brighton, il rencontre un ancien Ace Face (leader des mods) qu'il admire beaucoup, mais qui est devenu groom (Bell Boy) dans un hôtel proche... hôtel dont il avait brisé les carreaux deux ans plus tôt. Cette démonstration de courage lui avait valu l'admiration de nombreux mods à l'époque. Jimmy est dégoûté d'apprendre que la personne qu'il avait admirée s'est « vendue ».
Jimmy est alors inconsolable. Tous, de ses parents à sa petite amie, l'avaient déçu, mais il ne s'attendait pas à ce que le style de vie mod le laisse tomber. Ivre et désespéré, il vole un scooter et se rend sur un promontoire rocheux, où il s'effondre psychologiquement. N'ayant plus de raison de vivre, il trouve la rédemption dans la pluie tombante (Love, Reign o'er Me)